Le barrio (bidonville) de petare est réputé pour être le plus grand d'amérique du sud.
Lors du recensement de 2000, la population était de plus d'un million et demi, elle est maintenant estimée à 2 millions, ce qui représente donc 40% des 5 millions d'habitants de l'agglomération de Caracas.
Pourtant, cela ne représente qu'une toute petite partie de la surface habitée.
La vue d'ensemble de l'agglomération. Petare est à l'est.
Le barrio lui-même, facilement identifiable par l'absence d'alignements, de rues et d'espaces verts.
Un agrandissement de la partie nord de la photo précédente. On voit bien que le terrain est très vallonné. Yann Arthus Bertrand a
une bien meilleure photo de cet endroit.
Une vue de loin (prise un autre jour), qui ne montre qu'une partie. En bas de la photo, on peut voir des beaux quartiers de Caracas, paradoxalement situés juste à coté. La nuit,
c'est plus joli.
Aujourd'hui, j'ai été à l'intérieur avec la croix-rouge. Je connaissais déjà ce barrio depuis deux ans, car il est visible depuis toutes les hauteurs de caracas, et je m'étais déjà rendus dans d'autres, plus petits. Mais j'ai vraiment été très impressionné de me retrouver au coeur de celui-ci.
Vous m'excuserez de n'avoir fait que deux pauvres photos d'une qualité douteuse, mais le taux de criminalité m'obligeait à rester discret, même avec une croix-rouge sur le dos.
Tout est en pente et il y a beaucoup plus de petits passages que de rues.
Le but de la visite était d'établir un contact avec un centre communautaire crée par les habitants, qui rassemble depuis quelques années des activités d'éducation, d'animations pour enfants et de soins médicaux. Quelques misiones du gouvernement y sont présentes, mais il y a aussi des activités purement à l'initiative des habitants. Ce genre de contact sert à la croix-rouge de point d'entrée dans les communautés, car elle profite du respect et de la crédibilité du centre, permettant à ses projets d'être effectifs plus rapidement.
Ainsi, la directrice du centre nous a fait connaître un peu de la vie du quartier.
Le versant d'en face
Au coin d'une d'une rue, il y avait 3 jeunes de 16-18 ans qui glandaient. La directrice nous a dit que c'était "la bande de cette portion de rue". Ce sont les caïds d'un tout petit territoire. Ils volent les gens et s'affrontent régulièrement avec les autres bandes, la plus proche étant à 200m plus bas dans la rue. Elle nous a dit qu'ils avaient tué 5 personnes cette semaine : Un homme de trente ans pour le voler, un membre d'une autre bande qui s'était trop approché (sans arme), un enfant de 10 ans qui passait par là au cours d'un échange de tirs et je me souviens plus pour les deux derniers.
Autant dire que j'en menais pas large en repassant devant eux en partant. "Non mais c'est bon, ils me respectent à peu près, donc si vous êtes avec moi c'est moins risqué" dit-elle d'un air rassuré. "L'important, c'est de ne pas avoir peur, sinon ils le sentent". La loi de la jungle urbaine ?
"Mais que fait la police ?" m'enquerris-je. Il s'avère que lorsque les gamins sont trop turbulents, ils font un peu plus de patrouilles dans le coin, ce qui se solde rapidement par un ou deux morts et après ils se tiennent plus tranquilles pendant quelques temps.
Sur ce, la visite se poursuivit, notamment sur le thème de la prévention de catastrophes. La croix-rouge tente de former les habitants à réagir en cas de glissement de terrain, tout en leur fournissant du matériel de secours à entreposer sur place, à titre préventif.
La directrice nous explique que les morceaux de meubles que l'on voit le long d'une rue sont en fait les restes d'une maison qui a dévalée celle-ci il y a quelques mois, au cours d'une grosse pluie.
Le sol, composé de terre rouge sans roche est extrêmement friable. On peut y creuser à la main. Les bidonvilles étant construites sans fondations sur des terrains parfois très inclinés, ce genre d'accident se produit souvent. J'avais déjà parlé de ce genre de problèmes près de chez moi et dans le reste du Venezuela.