bas de l'en-tête

samedi 22 juillet 2006

Sur la route pour Mérida

A l'occasion d'un week-end prolongé (lundi c'est l'anniversaire de bolivar), on part pour Mérida, la ville, capitale de la région homonyme, qui se trouve à l'extremité nord de la cordillère des andes.

Avec une cuvette de chiottes qui ne survivra pas aux policias acostados (policiers couchés), c'est-à-dire aux dos d'ane.
Un mur sur l'autoroute au bout de 20km sans voir personne. Problème, on est pas du bon coté, on s'est perdus sur une section abandonnée qui n'était fermée que d'un coté.
Il faudra faire un détour de 10min en sortant par un chemin de terre pour arriver de l'autre coté. Il pourraient quand même faire un effort sur la signalisation...
Il est en train de faire une flaque d'essence tellement il en met à coté, mais ça ne semble pas le troubler.
L'absence de vent et le soleil de plomb permettent aux odeurs des raffineries de s'épanouir.

La finca - 1/3

On a dormi deux jours dans la finca (petite hacienda) de Sol et Valmore. C'est leur maison de vacances dans les Andes, ils ont acheté le terrain pour une bouchée de pain il y a quelques années et ils ont tout fait construire et aménagé eux-mêmes. Ils en avaient les moyens, lui est vice-président de l'une des trois compagnies de téléphone cellulaire et elle était directrice de Inparques, l'organisme qui gère tous les parcs nationaux. (D'ailleurs je vais en profiter pour avoir des autorisations spéciales pour entrer dans les zones réservées à la recherche scientifique...)

Le résultat est pas mal du tout : Une super baraque style colonial au fin fond de la montagne, au milieu des plantations de café. Il y a plusieurs bâtiments, certains construits à flanc de montagne, avec tous une large vue dominante sur les vallées et les collines en face.

Les plants de café. En fait c'est pas très joli comme plante le café...

C'est très proche de la frontière colombienne. Les FARC sont soupçonnés de se réfugier du coté vénézuélien avec la complicité du gouvernement, ce qui pose des problèmes de sécurité. Du coup, Valmore, qui est aussi général à la retraite de la guardia nacional, avait toujours son flingue sur lui, il y avait aussi un garde, des chiens, une barrière laser tout autour et 15 caméras infrarouge.

On est arrivés de nuit, alors avec ça et l'ambiance montagne/plantation de café, j'avais vraiment l'impression d'être dans un mauvais film american sur le trafic de drogue. Il ne manquait plus que Chuck Norris/Harrison Ford/Arnold Schwarzenegger pour tourner la scène finale où le gentil tue tous les méchants.

Un moniteur dans chaque grande pièce pour afficher les images des caméras

La finca - 2/3

Le jardin
Le bar, dans un batiment à part.
Une partie du train électrique de Valmore, qui a aussi son propre petit batiment.

La finca - 3/3

Un feu de forêt au loin
La vue au lever de soleil

dimanche 23 juillet 2006

Véhicules

Notez qu'ils sont tous couverts : il fait "froid" (genre 18-20°C)
Avec les pneus slick
Il ne manque plus que les flammes autocollantes sur les portières.
The power

Pico el Águila

En fait ce n'est pas un pic mais un col, avec une route, à 4118m. C'est un haut lieu du tourisme vénézuélien, puisque celui-ci se limite aux zones accessibles par la route. Comme il s'agit de la route la plus haute du monde (comprendre : La route la plus haute du pays), c'est un peu la Mecque du tourisme en voiture.
Si on ajoute à cela que l'endroit est approvisionné en bière et qu'il est extrêmement exotique car il y fait 5°C, on comprend aisément pourquoi il y avait autant de monde durant ce week-end de 3 jours.

En montant vers le col, on peut voir les paysages ando-vénézuéliens : Végétation basse, un peu de roche et zones agraires actives, ce qui est assez rare.
Les montagnes sont plutôt rondes, mis à part les plus élevées qui sont surmontées d'un pic de roche.
El Observatorio Astronómico Nacional de Llano del Hato
Au delà de 3500m, la végétation change et n'est composée quasiment que de frailejones (voir en dessous). C'est ce qu'ils appellent le páramo.
Frailejones
Un andin avec son chapeau typique.
Ils ont gardé un petit esprit "cow-boy" que je trouve sympa : Vie dure, chevaux, travail du cuir...
La vue depuis le Pico el Águila

Franchement, j'ai trouvé cet endroit relativement peu intéressant. Le paysage est banal, gris, morne, monotone et sans charme. Mis à part l'aspect culturel, il n'y a pas grand chose qui justifie les 12h de voiture que j'ai subi pour faire l'aller-retour depuis la finca. (On va dire que je suis encore aigri par le trajet en caisse et blasé par les massifs montagneux que j'ai pu voir en france ou ailleurs.)
C'était quand même intéressant de traverser quelques villages andins sur le chemin, dont la mentalité est sensiblement différente du reste du pays. Les habitants semblent plus matures et modernes, sans pour autant être plus riches ou développés.

Sans oublier que j'ai mangé plein de fraises à la crème, une succulente spécialité locale !

mardi 25 juillet 2006

Le téléphérique de Mérida

C'est soit disant le téléphérique plus long et le plus haut du monde. C'est vrai pour la hauteur : 4765m. 4 tronçons, 12km de long, 3125m de dénivelé. Il part du centre ville et c'est une des principales attractions touristiques du pays, surtout pour les vénézuéliens. Il faut parfois réserver sa place plusieurs jours à l'avance.
Il a été construit en 1958 par une entreprise française. Connaissant la préférence vénézuélienne pour la réparation plutôt que pour la maintenance, c'était pas forcément très rassurant de monter dedans, mais il est plutôt en bon état.

En arrière-plan, la ville de Mérida.
Les frailejones, donc certains ont plus de 200 ans.
Les caractéristiques du troisième tronçon.
La dernière station
Le dernier tronçon, reconstruit par des suisses il y a quelques années, après être resté longtemps fermé.
Il faut y monter tôt le matin, car c'est souvent couvert ensuite.

Au cours de la montée, on a droit dans chaque cabine à une bande son différente, qui explique ce qu'on voit, ce qu'est le froid et parle du téléphérique.
J'ai été frappé par l'apologie faite de "la technologie et la modernité" du système et de la "maintenance de haut niveau des techniciens vénézuéliens". Je ne me souviens pas des mots exacts, mais on avait droit à une vibrante éloge patriotique de l'état du téléphérique. Il n'était pas en mauvais état, certes, mais de là à en faire une fierté nationale...
Le site dit : "De manera regular, el Sistema ha sido actualizado tecnológicamente para asegurar su vigencia y calidad de servicio. Los sistemas de electricidad, electrónica y mecánica han recibido el beneficio de los adelantos de la tecnología computarizada, en apoyo a un excelente diseño que se mantiene a la vanguardia dentro de los Teleféricos del mundo." Il est à "l'avant-garde mondiale des téléphériques", rien que ça. Pour du matériel étranger qui a presque 50 ans, ce ne serait pas un peu prétentieux ? Ils parlent de mise à niveau régulière dans l'historique, alors qu'il est resté fermé presque 8 ans (je crois) ces dernières années...

Pour les choses qui marchent bien, ils ont souvent ce genre de réaction d'orgueil national, c'est pareil pour le métro de caracas, qui est aussi de fabrication étrangère. C'est comme s'ils avaient un complexe d'infériorité technologique qu'ils cherchent à compenser en appliquant la méthode Coué, à laquelle ils ne croient pas eux-mêmes. Je rencontre souvent des gens qui me disent qu'ils en ont marre que leur pays soit "incapable de faire quoi que ce soit tout seul". Ils sont plus au courant que moi de tout ce qui a été construit par des français. C'est dommage.

Pico Espejo

Le pico Espejo, point d'arrivée du téléphérique, 4756m.

A plus de 4700m, on ressent nettement la raréfaction de l'air. Il y a toujours une bouteille d'oxygène à portée des employés en cas de malaise d'un touriste. En fait si on respire profondément, il n'y a pas de problème, mais il faut rester un peu concentré pour le faire.

En face, le Pico Bolivar, 5007m.

Quel exotisme !

C'est toujours amusant et mignon de voir les habitants des pays tropicaux dans la neige. Là, j'ai été servi.

Pour les touristes vénézuéliens, l'aventure commence en bas du téléphérique. Il y a deux files d'attente : Celle pour acheter les billets et celle pour louer des manteaux. La seconde avance beaucoup moins vite, car en plus des essayages, il se prennent en photo avec.

Dans le téléphérique, que ce se soit à 1500m ou à 4700, ils sont couverts jusqu'au bout du nez, ça fait partie du jeu.
J'en ai même vu qui mettaient leurs gants et leur bonnet en partant de caracas. Il y a quand même 12h de route avant d'arriver à mérida...
Photos souvenir

Dans le téléphérique, une voix enregistrée nous explique "ce qu'est le froid", "qu'il faut mettre un bonnet car X% de la perte de chaleur se fait par la tête".

Incroyable ! Et en plus ça glisse !
Ils m'ont demandé de les filmer en train de jouer.
Au bout de 10 secondes ils étaient épuisés à cause du manque d'oxygène.

Balade en mule 1/2

En partant de la troisième station du téléphérique, on peut prendre des mules pour aller au petit village de Los Nevados. C'est une ballade de 5 heures environ, à 4000m.

Le petit meneur de mules, 15 ans. Il fait ça depuis qu'il a 9 ans.

La rupture est nette lorsqu'on sort du téléphérique. On quitte les touristes vénézuéliens bruyants et excités, qui se contentent de se faire prendre en photo sur les mules (2000 bolivars). Après quelques minutes, tout est silencieux, les habitants que l'ont rencontre sont extrêmement aimables, humbles et durcis par la vie qu'ils mènent.

Balade de mule 2/2

La tranquilité des vallées du sud

Los nevados

C'est un petit village accroché à la montagne, qui fait partie des Pueblos del sur, c'est à dire des villages perdus dans les vallées du sud de mérida.
Ils sont généralement très isolés, mais celui-ci est parmi les plus accessibles car il a un chemin carrossable depuis 15 ans. Il y en a pour 5 heures avant de rejoindre une route goudronnée.

Beaucoup de ces villages ont été peuplés lorsqu'il y a eu une chasse aux sorcières contre les européens après la décolonisation. Simon Bolivar avait appelé à leur extermination (oui, il ne faisait pas les choses à moitié), ils ont été se réfugier dans ces montagnes inaccessibles et sont restés coupés du monde. Ainsi, j'ai entendu qu'on pouvait voir dans certains villages des roux aux yeux bleus.

La rue principale (la seule en fait)
On s'est fait interviewer à la radio locale, que tout le monde écoute en permanence. Si on a quelque chose à dire, il suffit d'aller frapper à leur porte pour passer tout de suite en direct.
Le lendemain, tous les gens qu'on croisait nous parlaient de notre passage. C'est facile de devenir célèbre !
Haute altitude, pas de pollution atmosphérique, peu de pollution lumineuse... C'est idéal pour observer les étoiles.
On voit même une étoile filante sur la photo !
Une affiche pro-chavez, comme partout dès que l'on sort du centre de Caracas.
Celle-ci évoque la loi sur les terres, qui est sensée exproprier les grands propriétaires terriens pour donner aux "honnêtes paysans".
Greg remplit le registre de la posada, dans la cuisine.
Notez la machette sur la table et dans la niche enguirlandée, une figure religieuse et une affiche pro-chavez.

Bien que ce petit village garde son caractère, il semble qu'il y ait de plus en plus d'étrangers qui viennent y faire du tourisme. Cela reste sympa d'y passer une nuit, mais pour quelque chose de plus authentique, il faut s'enfoncer un peu plus dans les vallées du sud, où personne ne va.

mercredi 26 juillet 2006

Les murs de Los Nevados 1/2

Les murs de Los Nevados 2/2

Retour en 4x4

Il faut passer 5 heures à se faire secouer dans un land cruiser pour redescendre à mérida.
Pour l'ambiance musicale, le chauffeur nous a laissé choisir dans sa collection
Les vallées ne sont pas glaciaires, donc elles sont toutes en forme de V, ce qui fait qu'il est impossible de circuler au fond, rendant ainsi difficile l'accès.
Le chemin est tout le temps à flanc de montagne
Croisement difficile
  • Le chauffeur : "Regardez, le petit truc rouge en bas, c'est la voiture d'un ami, il est tombé il y a 3 jours"
  • Moi : "Ah, il s'est faut mal ?"
  • "Oui, il est mort" (avec un grand sourire, je n'ai pas encore compris leur rapport à la mort)
  • "Euh, tu veux pas regarder la route plutôt ?"

Parapente

Une descente en parapente pour finir la journée.

Je dormais tranquilement dans la voiture et cinq minutes plus tard j'étais en l'air avec la tête dans le c...

jeudi 27 juillet 2006

San Jose del sur

C'est un autre petit village enfoncé dans les montagnes, agréable et authentique, peuplé d'andinos typiques, c'est-à-dire très aimables et gentils.
La plaza bolivar
Un exemple insolite de leur gentilesse : Une vache est rentrée dans le jardin et a mangé toutes les fleurs. La proprio n'a rien dit et a gardé le sourire.
Il a une forme marrante lui.

Un chat et des truites

Encore un endroit bien tranquille
Le chat, grandement intéressé par le vidage des truites
Difficile de faire plus frais.
Avec un peu de citron, c'est parfait.

Balade à cheval

4h à cheval alors que j'en avais jamais fait...
J'ai encore des progrès à faire pour rester digne au galop.
Ils ont un artisanat local basé sur le travail du cuir. Ce sont principalement des chapeaux, ceintures et de la sellerie. Ils sont faits pour etre utilisés et me semblent joliment rustiques et très résistants, le cuir mesurant souvent plus de 5mm d'épaisseur.

Transports en commun depuis San Jose

San José n'est qu'à 2 heures de route goudronnée de Mérida. Le seul problème c'est qu'on est un peu serrés.
On peut tout à fait rentrer à 9 adultes dans cette boite de conserve.
Et on peut encore en mettre deux sur le toit et deux accrochés à l'arrière.