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samedi 30 juillet 2005

Voyage vers le delta

Le point de départ principal pour visiter le delta de l'Orénoque est la capital de la région "Delta Amacuro" : Tucupita. C'est aussi la seule ville accessible par la terre. On doit donc faire une nuit de bus depuis Caracas avant de continuer en bateau.
6h du matin dans les rues de Tucupita
La ville se réveille avec la gueule de bois après la soirée du vendredi, jour de paye. Les abords du canal sont couverts de milliers de bouteilles vides. Tout sera nettoyé dans la matinée, car le verre est consigné. Jusqu'au vendredi suivant...
Du port, on prend le hors-bord qui assure quotidiennement la liaison avec la ville pétrolifère de Pedernales, sur l'océan au nord du delta. On le partage principalement avec les habitants de celles-ci, qui sont venus faire des courses à Tucupita.
Avant de partir, il faut demander au pilote de s'arrêter en route dans la communauté que je connais. A chaque fois ça fait sensation auprès de tous les passagers de voir un gringo circuler sans guide en dehors de la ville.
Avec deux gros moteurs, l'accélération et la vitesse sont impressionnants. A 40-50km/h, l'eau est très dure et on décolle sur la moindre petite vague.
On suit l'un des canaux du delta qui, sans être le plus large, équivaut à 10 fois la seine à paris.
Après trois heures de tape-cul avec le vent dans la figure, le bateau nous jette au bout du village warao et on entre dans un autre monde. Tous les enfants accourent pour nous voir alors qu'on entend s'éloigner le bruit des moteurs.

Les waraos et le warao

Les waraos sont des indigènes qui peuplent le delta de l'Orénorque, à l'est du Venezuela.
J'ai pu, grâce à des bons tuyaux, me rendre sans guide dans un village, où j'ai vécu dans une famille. Au total, j'y ai effectué 3 séjours. Dans leur langue, le warao, leur nom signifie "habitants de l'eau", formé de "waha" la rivière et de "arao", les gens. Jusqu'a ce jour, aucune étude n'a réussi à trouver un lien avec une autre langue existante.

J'ai remarqué qu'ils n'avaient pas beaucoup de vocabulaire pour les objets modernes, qu'ils désignent par leur nom espagnol, comme par exemple "moteur" ou "hopital", qui sont des mots que je saisissais dans leur conversations. De même, il semble qu'ils ne puissent pas désigner des grands nombres, puisqu'ils disent toujours les prix (qui se comptent en milliers de bolivars) en espagnol. Je crois qu'ils utilisent un système de comptage à base 5.

vendredi 29 juillet 2005

Araignée

En bas de chez moi

mercredi 27 juillet 2005

Frigo de riche

Chez quelqu'un des classes hautes : Les aimants-souvenirs du frigo sont assez représentatifs de la culture :

Les Etats-Unis, le pays idéal :
  • Walt Disney World en Floride (x 5)
  • Orlando
  • Memphis
  • Houston
Pour changer un peu :
  • Canada
  • Londres
Pour le romantisme :
  • Paris
Pour les plages et la plongée :
  • Aruba
  • Cancun
  • Jamaïque
Notez qu'il n'y a rien au Venezuela. Est-ce parce qu'ils ne vendent pas d'aimants ou parce que c'est trop prolo ?
Globalement, ils ont exactement les mêmes lieux de vacances que les états-uniens des mêmes classes. Si on ajoute a cela qu’ils y ont tous de la famille, qu’ils roulent dans les mêmes voitures importées, qu’ils vont voir les mêmes films, qu’ils mangent la même nourriture importée chez McDo ou Wendys et qu'ils sortent dans des centres commerciaux identiques...
Je pense qu'ils veulent se faire croire qu'ils vivent aux états-unis, qu'ils admirent tellement, car ils n'assument pas leur pays. C'est un problème profond qui touche les classes hautes et qui bloque les investissements et lamine la culture et les traditions nationales.

Elections municipales - Le petit peuple

Plus que quelques jours avant les élections municipales, les murs se couvrent d'affiches.
Ici, c'est le parti Tupamaro, des extremistes gauchistes chavistes je crois, ou peut-etre qu'il sont tellement communistes/anarchistes qu'il sont même plus comptés dans les chavistes... Je me souviens plus.
En tout cas, ils ont des belles têtes de vainqueurs :
Entre la mère de famille, la grand-mère, le grand dadais avec le t-shirt du Che et le mongolien (avec le maillot de l'equipe de foot nationale)...

Mao était "le petit père des peuples", Hugo Chavez sera "le père du petit peuple" !